Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 19:09
Aujourd'hui Samedi,dans le cocon de ma maison picarde, les tâches ne manquaient pas ! Promue Vestale,il m'a fallu alimenter et sevir sa majesté le Feu, toute la journée. Mes hypothétiques voisins (je ne les ais jamais vus!) ont peut-être aperçu une silhouette plus ou moins emmitouflée,traverser l'allée du petit jardin et, revenir serrant contre sa poitrine les précieuses bûches promises au bucher. Il y a eu bien sûr le film catastrophe rituel du samedi, sur la première chaîne. Quand ce n'est pas centré sur une histoire d'avion menacé d'aterrissage- crash, je regarde en pointillé, aujourd'hui une tempête de neige, deux femmes seules , le méchant, un gros balourd, qui veut récupérer les sous que l'une d'ellles lui a volé et qui ne  se révèle qu' au dernier quart d'heure, les chemins enneigés, les sapins.... Même en me forçant, je n'aurai pas pu m' y intéresser plus que ça !  La télé est le meilleur somnifère que je connaisse, si je ferme les yeux dix secondes, je descends instantanément dans un doux sommeil. Je dois avouer que mon expérience du professorat de yoga me le permet et c'est bien pratique! je suis maintenant capable de somnoler un quart d' heure debout ; assise je dors n'impote où (il m'est même arrivée de m'endormir dans une réunion professionnelle, c'était involontaire, j'ai fixé un objet pendant quelques minutes en pensant à autre chose que le sujet du jour, mes yeux se sont fermés et dodo ! Les autres n'ont pas osé me réveiller! mon expression de béatitude les en a découragé.
Revenons à nos moutons! Ma journée. Le documents nécéssaires à l'organisation des examens blancs ,au lycée ont investi la table de salle à manger transformée en bureau de travail car elle est proche du poêle et luttant à chaque instant contre le désir de retrouver le clavier du piano, j'ai péniblement, à grand renfort de café, chocolat, confiture, cigarettes, enfin mis en place la première journée d'épreuves. Alléluia. Demain,hélas, même punition. La seconde journée m'attend . Cher hypothétique lecteur,tu aura sans doute deviné que je suis loin d'être un bourreau de travail ! J'ai des excuses : j'arrive à la retraite. Si je ne mets pas en place des règles de vie draconniennes, elle risque de se transformer en cauchemards à répétition.
Voilà. C'est tout pour aujourd'hui.
Par elisabeth47 - Publié dans : cher journal - Communauté : Cher journal
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 20:12
Bien qu'à l'origine ce blog ait vocation à être un journal,j 'ai décidé de commencer chaque article par une citation et vous livrer mes reflexions.
je commence aujourd'hui :

Il n'est rien qui ne soit pas sacré,rien qui ne soit pas une pratique spirituelle.(Martine Stuart)
Extrait du livre "365 jours Zen, le courrier du livre.

Donc lorsque j'écris sur ce blog, il s'agit d'une pratique spirituelle, de même lorsque je fais une liste de courses et parcourt les rayons du supermarché,à la recherche des produits les moins chers !
Avouez qu' au début celà surprend quelque peu ! Dans le cadre d'une pratique spirituelle, s'il fallait recenser brièvement ses diverses modalités,la prière, la méditation, la pratique d'un art,me viendraient
 naturellement à l'esprit.
J'envisageai l'écriture de ce blog comme une sorte de déversoir de mes humeurs, une occasion de laisser quelques traces des instants passés heureux ou malheureux ( je ne sais plus très bien faire la distinction entre ce qui est heureux ou malheureux. j'ai le sentiment que les deux ressentis sont toujours intimement mêlés,peut-être arrive-t-il que l'un soit plus présent que l'autre ?), et voilà qu'il s'agit en fait d'un acte sacré et c'est la même chose pout tout le monde ! Je me sens honteuse car la lecture de certains articles m'a tellement fait ricaner . Des pensées telles que :"en voilà encore un ou une qui n'a rien de plus interessant à communiquer aux autres que son emploi du temps de la journée au bureau ! Il ou Elle aurait mieux fait d'aller se promener au parc !" je n'ai pourtant pas fait autre chose lorsque je me suis répandue en plaintes et lamentations sur ma fille perdue !
Qu'est-ce donc qu'une pratique spirituelle ? Tout acte, toute pensée, tout sentiment a vocation de nous révéler qui nous sommes. Ce que K Durckheim appelait l'être, le Soi. Tout est pratique spirituelle dans le sens où l'occasion nous est toujours donnée de le faire.
Par exemple lorsqu'il m'arrive de ricaner ou de me moquer lorsque je lis des articles de ce blog je découvre ma cruauté et mon peu de compassion pour l'Autre et mes textes donneront sûrement à certains internautes l'occasion d'expérimenter la même chose ! je sais que je suis cruelle. Bien ! qu'est-ce que je fais maintenant à part présenter de plates excuses à tous ceux que j'ai éreintés en pensée.
La suite.... plus tard
Elisabeth

Par elisabeth47 - Publié dans : cher journal - Communauté : Cher journal
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 18:43
La lecture du commentaire d'Eole m'a quelque peu surprise et j'ai dû relire plusieurs fois mon texte pour être bien sûre de ce que j'avais écrit !
Cher Eole, a aucun moment, ni maintenant, ni dans le passé,je ne rends Audrey responsable de quoique ce soit dans ce que je vit. je ne sais pas si vous connaissez Ekhart Tollé,il écrit dans son ouvrage : "Le pouvoir de l'instant présent" : "L'identité de victime est fondée sur la croyance que le passé est plus puissant que le présent, ce qui est contraire à la vérité". Au risque de vous choquer je pense qu'en matière de relatons humaines, on choisit d'être victime bien vous acorder que le plus souvent nous ne sommes pas conscients de ce choix) J'irai plus loin : Si dans cette histoire,on devait définir une victime et un bourreau,c'est ce dernier rôle qui pourait à la rigueur me convenir. Si Audrey a traversé tant d'épreuves si elle en est arrivée à rompre avec sa mère c'est qu'elle a perçu( à juste titre ou non) que j'étais pour elle un danger. Je n'ai pas su détecter sa peur de vivre et au lieu de lui donner des béquilles temporaires : jouets à la demande, satisfaction de tous ses caprices puis plus tard tentatives de résolution de ses problèmes de gestion financière à sa place, j'aurai dû lui apprendre à marcher et ne pas accourrir pour la protéger dès qu'elle croyait percevoirun danger le plus souvent amplifié névrotiquement!

Mon anorexie est une raction brutale à cette ancienne manière de fonctionner:Vite, elle pleure, la vie l'a écorchée, je dois en mère dévouée la prendre sous mon aile au risque de l'étouffer et pour moi de n'être réduite qu'à ce rôle ! Remarquez, celà avait ses bons côtès: Je n'avais pas besoin d'inventer ma vie à chaque instant, d'oser mettre mes désirs en oeuvre, trouver le courage de dire non et de regarder en face les conséquences de mon acte ou d'aller vers les autres puisque j'avais fait en sorte que celà soit totalement impossible.
laissez-moi vous raonter une anecdote qui illustre ce que j'écrit.

Nous étions en vacances à Noirmoutiers.Ayant fait une chute de cheval lorsqu'elle avait 10 ans, Audrey a dû être opérée puis hospitalisée une dizaine de jours. Cédant à son caprice,j'avais obtenu de dormir dans sa chambre d'hopital et j'étais à son chevet quasiment 24h sur 24. Un matin vrs 10h, elle regardait tranquillement la télévision, son état était bon, j'ai exprimé un désir : Aller prendre un café pendant un quartd'heure à la cafétéria de l'hôpital. Vociférations "Tu m'abandonnes dès que tu le peux", Tu ne m'aime pas ! Je suis malade, j'ai besoin de toi (on se demande bien pourquoi puisque les soins étaient faits, tout allait bien et elle était captivée par son émission de télé).Il a fallu que sa voisine de lit une dame d'un certain âge qui avait failli mourir noyée,intervienne et lui dise :" Est-ce que tu vas cesser un jour de retenir ta mère attachée comme une chèvre à son piquet ? Tu n'as plus trois ans et tu peux très bien survivre sans ta mère pendant quelques minutes !" puis s'adressant à moi :" Il ne faut pas la laisser faire, vous l'empechez de grandir !" Ce jour-là et les autres jours,je suis allée à la cafétéria.

La seule relation que je percoive entre mon anorexie et Audrey est la suivante : Je me suis toujours fait le reproche de ne pas nourir correctement mes enfants car lassée de leur refus de manger des légumes,des aliments cuisinés autres que les pâtes ou le riz, j'ai cédé trop vite sûrement et leur ai donné ce qu'elles voulaient  chips, biscuits, chocolat, bonbons....En bref je n'ai pas été une bonne mère nourricière!
Lorsque j'ai pris conscience de ma part de responsabilité dans les épreuves qu'elle traversait quelque chose en moi s'est fermé. On peut  peut-être dire en première analyse que c'est une façon de me punir. Mon anorexie est ma façon de dire au monde que ce mode vie ne m'intéresse plus.

En ce moment,je lutte pied à pied contre elle en me forçant à absorber ne serait-ce qu'une bouchée chaqu jour. Il ya des jours avec et des jours sans mais Audrey ne fait pas partie de ce combat.

Quand à mon autre fille, c'es avec plaisir que je lis son blog et lui envoie mes commentaires. Nous nous sommes vues récemment et nos relations ne nous empechent ni l'une ni l'autre de mener la vie qu'on a choisi de mener.
Par elisabeth47 - Publié dans : cher journal - Communauté : Cher journal
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 20:14

Cher Eole, vous êtes vous remis de la lecture de mon précédent article ?
Dans son roman Souveraineté du vide, Christian Bobin écrit :" parfois la grâce d'une blessure vient congédier cette somme fabuleuse de savoirs sur tout, ce fatras."

La grâce d'une blessure mortelle.... Mais qui est cette Elisabeth que sa fille a terrassée en la traitant de menteuse ? Sa mère vit comme elle l'entend,nourrit tous les matins les mésanges,bouvreuils et merles posés dans son lilas enneigé et en même temps ne peut regarder la nourriture entrposée dans son frigo sans en avoir la nausée...Sa mère qui sans doute n'a pas su lui donner la nourriture d'amour qu'elle réclamait et qui ne peut plus maintenant se la donner à elle-même. La vie est mal faite, l'écriture devrait suffire, pourquoi faut-il absorber digérer,intégrer ? Quand on écrit on ne prend pas,on donne et si ce qui est donné n'intéresse personne ce n'est pas grave,l'essentiel est de donner.
D'ailleurs Elisabeth a toujours fait celà : donner  son temps,des objets,de l'argent qu'elle ne possédait pas. maintenant elle tente de donner à l'autre un sentiment d'exister en l'écoutant parler sans exprimer de jugement. Bien, Mal.... Allez savoir ! En tout cas Elisabeth s'y refuse.La mère d'Audrey est a-normale parce que posséder quique ce soit (sauf un piano) ne l'intéresse pas. Pour tenter de franchir la porte étoite,il faut ête léger presqu'immatériel. Audrey sans se l'avouer à elle-même a compris tout celà. Que Vivre est une entreprise dangereuse, il s'agit à chaque instant de se donner à ce qui est.
Elisabeth est peut-être a-normale(certains diront malade mentale, folle peut-être) mais elle n'est pas menteuse.
Bon, la suite sera pour demain
A bientôt peut-être et encore : BONNE ANNEE A TOUS !

Par elisabeth47 - Publié dans : cher journal - Communauté : Cher journal
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /Déc /2008 20:56
Merci cher Eole de ton commentaire. Accéder à ta demande ne va pas être facile, tu vas connaitre une version du drame, la mienne, rassure-toi, je n'en suis pas l'héroine, loin de là ; je ne suis pas non plus victime de ma méchante fille.

Comment ce mail :" Je ne veux plus avoir de relation avec toi...."s' est-il un jour inscrit sur mon écran ?

Flashback 24 ans plus tôt. Mon compagnon,le père de mes enfants, ne souhaite pas de second enfant, Guénaëlle est là depuis quatre ans. L'annonce de la venue d'Aurey ne le fait pas sauter de joie, il y voit un sérieux obstacle à ses projets. J'ai 10 ans de plus que lui, je l'aime bien mais j'ai souvent le sentiment que nous n'avons pas grand chose en commun.
Je me retrouve souvent seule à la maison avec les enfants. Bien qu'il y ait eu des sorties communes : visites de la famille, séances de cinéma, fêtes de l'école...Jean-Louis estle plus souvent un père toujours parti par monts et par vaux. J'ai une passion pour les chevaux et dès qu'elles atteignent l'âge requis elles sont sur le dos d'un poney. Les années passent et voient mes deux fille devenir des cavalières émérites, toujours accompagnées de leur mère qui passe, comme tous les parents de passionnés, des heures, des journées, des mois de vacances à les emmener monter à cheval... Maman commet l'irréparable : Alors qu'elle n'en n'a pas les moyens financiers elle s'endette et leur achète à chacune un cheval dont bien sûr elle assure l'entretien : pension, véto, maréchal-ferrand, achat d'équipements. En 1993, Audrey a 9 ans et ses parents d'un commun accord se séparent.
Je ne suis pas Elisabeth, je suis la mère d'Audrey et de Guénaëlle. A 18 ans, celle-ci décide de vivre sa vie. Elle trouve un petit boulot, un copain avec lequel elle va vivre quelque temps. Audrey reste avec moi jusqu'en 2005.
Son adolescence n'est pas toute rose :boulimie, refus d'aller à l'école de cotoyer qui que ce soit. Seul son cheval est important pour elle. Je fais ce que je peux  mais je manque de fermeté,je ne sais pas lui dire non. Je sens qu'elle va mal et me trouve impuissante à l'aider sauf d'appeler le samu lorsqu'elle fait une première tentative de suicide....
En 2005,elle a fini par trouver du boulot(je lui ai financé une école d'infographie pendant 3 ans et une fois le diplome obtenu elle a décidé de ne pas chercher de travail dans cette branche), elle est alcoolique, droguée aux médicaments de type théralène et un jour elle me jette à la figure que je suis responsable de tout ce qui lui arrive,ce jour là elle me frappe, saisit un couteau... J'ai tellement peur que bêtement je veux avaler plusieurs anxyolithiques, elle appelle le Samu,urgences, clinique de santé mentale pendant plusieurs semaines....
Elle ne veut plusvivre avec moi, alors je finance le loyer de son studio sans oublier la pension des chevaux(3 en tout). Dire que je suis endettée est un euphémisme !
Bien que je sois suivie par un psychiatre qui prescrit anti-dépresseurs et anxiolithiques,je deviens anorexique en 2007. (Je le suis toujours et viens de perdre mon 37e kilo.) je décide un jour d'aller habiter seule dans une maison en Picardie. Je recherche la plus grande solitude mais je ne souhaite pas rompre les liens avec ma famille.
Pour Audrey, je l'ai abandonnée en prenant cette décision elle pense que je mens à tout le monde que je prends des coupe-faim en cachette, que je suis bonne à interner et d'ailleurs si celà ne dépendait que d'elle,il y aurait longtemps que celà aurait été fait et pour finir me déclare qu'elle en a marre de s'inquièter pour moi, qu'il est impossible de me faire changer de vie, de devenir quelqu'un de normal, qu'elle veut désormais vivre pour elle et que pour celà elle ne veut plus entendre parler de moi.

"J'ai choisi le rempartdu silence". Voilà ce que je lui ait écrit. Je ne me sens pas la force de lutter contre la douleur que me cause son attitude même si je sais qu'elle en souffre beaucoup. La dernière fois que je me suis trouvée en sa présence,lors de l'Anniversaire de sa soeur,j'avais avalé 2 Xanax50 et j'étais une véritable Zombie !

Cette lecture n'est pas des plus réjouissantes ! Il est temps pour vous lecteurs de vous tourner vers cet an 2009 qui pointe le bout de son nez et lui faire le meilleur accueil possible, entouré de milliers d'amis !

                      Bonne Année à tous !

Par elisabeth47 - Publié dans : cher journal - Communauté : Cher journal
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