Lundi 12 janvier 2009
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18:43
La lecture du commentaire d'Eole m'a quelque peu surprise et j'ai dû relire plusieurs fois mon texte pour être
bien sûre de ce que j'avais écrit !
Cher Eole, a aucun moment, ni maintenant, ni dans le passé,je ne rends Audrey responsable de quoique ce soit dans ce que je vit. je ne sais pas si vous connaissez Ekhart Tollé,il écrit dans son
ouvrage : "Le pouvoir de l'instant présent" : "L'identité de victime est fondée sur la croyance que le passé est plus puissant que le présent, ce qui est contraire à la vérité". Au risque de vous
choquer je pense qu'en matière de relatons humaines, on choisit d'être victime bien vous acorder que le plus souvent nous ne sommes pas conscients de ce choix) J'irai plus loin : Si dans cette
histoire,on devait définir une victime et un bourreau,c'est ce dernier rôle qui pourait à la rigueur me convenir. Si Audrey a traversé tant d'épreuves si elle en est arrivée à rompre avec sa mère
c'est qu'elle a perçu( à juste titre ou non) que j'étais pour elle un danger. Je n'ai pas su détecter sa peur de vivre et au lieu de lui donner des béquilles temporaires : jouets à la demande,
satisfaction de tous ses caprices puis plus tard tentatives de résolution de ses problèmes de gestion financière à sa place, j'aurai dû lui apprendre à marcher et ne pas accourrir pour la protéger
dès qu'elle croyait percevoirun danger le plus souvent amplifié névrotiquement!
Mon anorexie est une raction brutale à cette ancienne manière de fonctionner:Vite, elle pleure, la vie l'a écorchée, je dois en mère dévouée la prendre sous mon aile au risque de l'étouffer et pour
moi de n'être réduite qu'à ce rôle ! Remarquez, celà avait ses bons côtès: Je n'avais pas besoin d'inventer ma vie à chaque instant, d'oser mettre mes désirs en oeuvre, trouver le courage de dire
non et de regarder en face les conséquences de mon acte ou d'aller vers les autres puisque j'avais fait en sorte que celà soit totalement impossible.
laissez-moi vous raonter une anecdote qui illustre ce que j'écrit.
Nous étions en vacances à Noirmoutiers.Ayant fait une chute de cheval lorsqu'elle avait 10 ans, Audrey a dû être opérée puis hospitalisée une dizaine de jours. Cédant à son caprice,j'avais obtenu
de dormir dans sa chambre d'hopital et j'étais à son chevet quasiment 24h sur 24. Un matin vrs 10h, elle regardait tranquillement la télévision, son état était bon, j'ai exprimé un désir : Aller
prendre un café pendant un quartd'heure à la cafétéria de l'hôpital. Vociférations "Tu m'abandonnes dès que tu le peux", Tu ne m'aime pas ! Je suis malade, j'ai besoin de toi (on se demande bien
pourquoi puisque les soins étaient faits, tout allait bien et elle était captivée par son émission de télé).Il a fallu que sa voisine de lit une dame d'un certain âge qui avait failli mourir
noyée,intervienne et lui dise :" Est-ce que tu vas cesser un jour de retenir ta mère attachée comme une chèvre à son piquet ? Tu n'as plus trois ans et tu peux très bien survivre sans ta mère
pendant quelques minutes !" puis s'adressant à moi :" Il ne faut pas la laisser faire, vous l'empechez de grandir !" Ce jour-là et les autres jours,je suis allée à la cafétéria.
La seule relation que je percoive entre mon anorexie et Audrey est la suivante : Je me suis toujours fait le reproche de ne pas nourir correctement mes enfants car lassée de leur refus de manger
des légumes,des aliments cuisinés autres que les pâtes ou le riz, j'ai cédé trop vite sûrement et leur ai donné ce qu'elles voulaient chips, biscuits, chocolat, bonbons....En bref je n'ai pas
été une bonne mère nourricière!
Lorsque j'ai pris conscience de ma part de responsabilité dans les épreuves qu'elle traversait quelque chose en moi s'est fermé. On peut peut-être dire en première analyse que c'est une façon
de me punir. Mon anorexie est ma façon de dire au monde que ce mode vie ne m'intéresse plus.
En ce moment,je lutte pied à pied contre elle en me forçant à absorber ne serait-ce qu'une bouchée chaqu jour. Il ya des jours avec et des jours sans mais Audrey ne fait pas partie de ce
combat.
Quand à mon autre fille, c'es avec plaisir que je lis son blog et lui envoie mes commentaires. Nous nous sommes vues récemment et nos relations ne nous empechent ni l'une ni l'autre de mener la vie
qu'on a choisi de mener.
Par elisabeth47
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Publié dans : cher journal
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